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RANCHO MIRAGE

19 Septembre - 31 Octobre 2014

Graziella Antonini / Pauline Bastard Coraline De Chiara / Stéphanie Lagarde / Pierre Roy-Camille Nicolas Tourre / Thomas Tronel-Gauthier / Claire Trotignon Kirill Ukolov / Pieter Van Der Schaaf

stephanie lagarde - loveland, 2009 - vidéo, couleur et son,  2'37''
stephanie lagarde - loveland, 2009 - vidéo, couleur et son, 2'37''


Thomas Tronel-Gauthier - Bons baisers d'Halong Bay, 2009
Acrylique sur papier offset contre-collé sur aluminium
Thomas Tronel-Gauthier - Bons baisers d'Halong Bay, 2009 Acrylique sur papier offset contre-collé sur aluminium


vue de l’exposition
vue de l’exposition


Pierre Roy-Camille - Black pool, 2014<br>Dessin adhesif - 260 x 180 cm
Pierre Roy-Camille - Black pool, 2014
Dessin adhesif - 260 x 180 cm


vue de l’exposition
vue de l’exposition


Nicolas Tourré - Cascade, 2014<br>Pierres tranchees, polies et peintes acrylique, spray paint
Nicolas Tourré - Cascade, 2014
Pierres tranchees, polies et peintes acrylique, spray paint


Graziella Antonini - Sans titre, 1986, Série alcina I
Graziella Antonini - Sans titre, 1986, Série alcina I


Pauline Bastard - The travellers, 2011<br>Vidéo de 18’ - Edition 2/5 - (Courtesy Galerie Eva Hober, Paris)
Pauline Bastard - The travellers, 2011
Vidéo de 18’ - Edition 2/5 - (Courtesy Galerie Eva Hober, Paris)


Vue de l’exposition
Vue de l’exposition


Thomas Tronel-Gauthier - Peintures noires, 2014<br>Acrylique sur chassis lin
Thomas Tronel-Gauthier - Peintures noires, 2014
Acrylique sur chassis lin





Tant par son étymologie que par son apparition dans l’espace même de l’exposition, Rancho Mirage se définit tel un fantasme, une destination fixée au hasard; Un point de rassemblement déterminant les contours d'une fiction collective. Rancho Mirage, ville parmi d'autres, est extraite de l’œuvre vidéo de Stéphanie Lagarde (Loveland, 2009) dans laquelle les toponymes, portés par un assemblage surréaliste, défilent à la verticale rappelant la mécanique d’un écran d’aéroport. En opposition à l'idée d'horizontalité habituellement induite par le voyage, c'est ici de verticalité dont il est question, de fixité et de mouvement intérieur tel que décrit par Thoreau lors de son voyage à Walden. Au sol, les châteaux de sable en béton de Kirill Ukolov, au plafond le trait dense de Pierre Roy-Camille : deux œuvres in situ fixant cette verticale et témoignant d'une symbiose entre l'ici et l'ailleurs. Si l’ailleurs est évoqué sous forme de trompe-l’œil exotique par Graziella Antonini et Pierre Roy-Camille, révélant une posture mélancolique ou contemplative, il est pure fiction pour Claire Trotignon (Négociations Tropicales #1, 2013) qui imprime un récit silencieux, porté tant par l’image que par le titre de son œuvre. La carte postale, à la fois emblématique du voyage et marqueur de fixité, est présente sous diverses formes. Des paysages éthérés, pliés, multipliés de Thomas Tronel-Gauthier, sorte de montagnes intimes, à la gestuelle de Nicolas Tourre et de Pieter van der Schaaf , où l’écriture personnelle se superpose au réel : le trait est un fil tendu entre imaginaire et perception. La réalité se confronte également au fantasme chez Pauline Bastard (Travelers, 2013) qui, en superposant l’écriture de voyageurs à l’image, provoque une douce tension entre principe de réception et désir de projection. Pierre, papier ou médium numérique, les supports semblent ici poreux ; Les limites entre l’intérieur et l’extérieur, l’envers et l’endroit se perdent : il devient alors difficile de différencier l’univers de la pensée de celui de la perception. Au moyen d’un accrochage dense, les visions se télescopent et s'assemblent en un lieu unique, un espace de perfections et d'illusions. La somme des fantasmes forme alors une hétérotopie, un « espace autre » selon les principes énoncés par Foucault. À la fois emplacement et destination, un lieu nommé au hasard, Rancho Mirage. Célia Nkala


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